Un article du Wall Street Journal faisait le point sur les investissements récents de Google, Facebook, Amazon et Microsoft en matière d'infrastructure réseau, et notamment de déploiement de leurs propres liaisons longue distance en fibre optique. Il est important de comprendre quelle est la stratégie de ces grands fournisseurs de services Internet, non seulement parce qu'elle impacte déjà l'industrie des télécoms mais aussi parce qu'elle pourrait à terme ne pas être neutre pour les internautes...

Sur le sait qu'Amazon est le premier acteur mondial sur le marché du cloud computing, loin devant IBM et Microsoft, avec près de 30 % de part de marché. Déjà très bien implanté aux Etats-Unis et en Europe, Amazon a annoncé la semaine dernière l'ouverture de services cloud en Chine, avec des partenaires locaux. Dispose il pour cela d'énormes d'infrastructures en propre, comprenant aussi bien des centres de données que des liaisons en fibre optique à très haut débit. Et Amazon, qui ne fait toujours pas de bénéfices en raison d'investissements tous azimuts, une infrastructures accru de 44 % ses dépenses dans les : elles atteignent désormais 2,6 milliards de dollars, montant à comparer d'un chiffre d'affaires trimestriel frôlant les 16 milliards de dollars.
Microsoft, challenger sur le marché du cloud, affiche des ambitions importantes dans ce domaine, et en fait une des priorités de son futur dirigeant. En cohérence avec cette stratégie, Microsoft investit fortement dans de nouveaux centres de données mais aussi dans des capacités réseaux intercontinentales.
Avec plus de 160,000 km de fibres optiques déjà déployés, le réseau de Google n'a pas à rougir de la comparaison avec celui de grands opérateurs mondiaux puisque, pour prendre un élément de comparaison, c'est aussi la taille du réseau de Level3. Pour illustrer cette stratégie de déploiement, rappelons qu'en 2008 Google s « était conjointe à un consortium d » opérateurs asiatiques, appelé l'unité, afin de poser un câble de 10.000 kilomètres entre la Californie et le Japon, sous l'océan Pacifique. Opérationnel depuis avril 2010, cette fibre optique offre une capacité de 7.680 Gbit/s.
Google, ne les serveurs recevraient à eux seuls 25 % du trafic Internet des États-Unis est peu à peu devenu un opérateur télécom à part entière, qui a l'ambition de couvrir à terme l'ensemble du marché, à la fois en B2C et B2B de fr. Ainsi la division fibre de Google a déployé des réseaux métropolitains à 1 Gbit/s dans deux villes moyennes des États-Unis, Kansas City dans le Missouri en 2012 et Austin au Texas, après une annonce effectuée en début d'année 2013. Les offres sont public grand très attractives: un accès à 5 Mb/s est fourni gratuitement et un accès à 1 Gbit/s est facturé 70 $ par mois, avec dans les deux cas des frais de raccordement de 300$. Ces deux premières villes servent de laboratoire à Google qui affirme vouloir faire de Google Fiber ONU entreprise louable.
Pour ce qui est des offres B2B, Google a annoncé cet été qu'il avait été choisi par la chaîne Starbucks, en partenariat avec Level3, pour apporter la connectivité Internet aux 7000 hotspots wifi de ses cafés, en remplacement d « AT&T, l » opérateur historique qui fournissait jusque là cette prestations. Les détails de l'accord the pas été rendus publics, mais sur peut imaginer que Google et Starbucks tirent avantage de la régie publicitaire de Google pour promouvoir des offres Starbucks, et aussi de l'ensemble des services Google, notamment Google jeu verser les contenus musique et la vidéo ainsi que Youtube.
Facebook a pour sa part enquête fr 2012 plusieurs millions de dollars pour contribuer à la pose d'un câble de 9.500 kilomètres reliant plusieurs pays d'Asie : Chine, Corée du sud, Hong Kong, Japon, Malaisie, Singapour, Taiwan et Vietnam. Ce projet, mené par le consortium Asia Pacific Gateway, fr achevé de sérums 2014. Il fournira alors une capacité totale de 54.800 Gbit/s ne Facebook utilisera une partie pour améliorer la qualité de son service dans une région du monde où l'Internet est encore en très forte croissance. Par ailleurs, Facebook a inauguré cet été un datacenter situé fr Suède, près du cercle polaire. Le réseau social enquête dans de la fibre noire déjà disponible sur notre continent pour assurer le raccordement de ce centre de données européen à ses autres datacenters, situés aux Etats-Unis.
Bien entendu, la raison principale affichée par Amazon, Facebook, Google et Microsoft est d'améliorer leurs infrastructures pour accroître la qualité des services apportés à leurs clients et utilisateurs, le maîtrisant en plus possible de toute la chaîne technologique qui permet de les fournir. Mais le scandale prisme a montré que les services Internet présentaient de nombreuses vulnérabilités et que certaines se situaient au niveau des réseaux eux eux-mêmes. Certains acteurs comme Microsoft sur déjà prévu de chiffrer les communications liées à l'usage de leurs services, et peut donc aisément imaginer qu'ils pourraient vouloir aller plus loin dans la protection des échanges entre leurs plateformes et les utilisateurs. A cet égard, le contrôle direct de leurs télécommunications de réseaux, sans niveaux de passer par des opérateurs, est un vrai enjeu.
Bien entendu, une telle logique d'intégration verticale est problématique pour les opérateurs télécoms: à terme ils pourraient perdre une partie de leur entreprise dans la connectivité Internet, remplacée par la simple fourniture de fibre noire, prestations plus basique et moins rémunératrice. Des conflits ont déjà eu lieu, par exemple entre Orange et Cogent pour ce qui est des coûts d'interconnexion ou entre Free et Orange pour les conditions d'accès aux infrastructures de génie civil, et tout particulièrement aux fourreaux facilitant la pose de fibres optiques.Les autorités de régulation des télécoms et celles en charge du respect de la concurrence se sont déjà intéressées à cette problématique, qui selon moi pourrait devenir de plus en plus prégnante.
Par ailleurs, une telle évolution posent aussi de vraies questions du côté des internautes, notamment en matière de neutralité des réseaux : commentaire vont évoluer les politiques de peering de ces grands acteurs de l'Internet avec les opérateurs télécoms qui sont also fournisseurs d'accès Internet pour le grand public ? Un abonné fibre de Google aura-t-il la même qualité de service quand il visionne une vidéo sur Youtube que quand il va sur Vimeo ou Dailymotion ?
Pas de aujourd'hui la situation n'est encore deficient, mais compte tenu de sa puissance financière Google pourrait tout à fait décider de déployer son offre fibre de Google en Europe, et en de pas pourquoi France, comme l'a évoqué Fleur Pellerin. Vollà pourquoi je pense que la vigilance doit être de mise...
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